Du 23 au 26 juin 2026, des représentants syndicaux européens, dont l’OGBL et le LCGB ont participé à la conférence UNI Europa Property Services, organisée à Paris. Les travaux ont porté principalement sur l’impact des marchés publics dans le secteur du nettoyage. Cette thématique revêt également une importance particulière au Luxembourg, où de nombreux contrats de nettoyage, notamment dans les hôpitaux, les établissements scolaires, les communes et d’autres institutions publiques, sont attribués via des procédures de marchés publics.
L’un des principaux sujets abordés a été le problème des marchés publics attribués sur la base du prix le plus bas, une préoccupation qui a été d’ailleurs partagée par tous les syndicats présents. En effet, dans de nombreux cas, les entreprises sont mises en concurrence presque exclusivement sur le prix. Cette pression se répercute ensuite sur les salariés : des cadences plus élevées, moins de temps pour effectuer le travail, des horaires morcelés et une conciliation entre vie professionnelle et vie privée de plus en plus difficile. Pour le mouvement syndical, la qualité d’une offre ne peut pas être évaluée uniquement sous l’angle économique. Les critères sociaux doivent devenir un élément obligatoire de l’attribution des marchés afin de promouvoir des emplois de qualité et de renforcer la négociation collective. L’OGBL et le LCGB estiment également que le respect de la convention collective applicable devrait constituer une condition préalable à l’obtention d’un marché public. Toute entreprise souhaitant bénéficier de fonds publics devrait démontrer qu’elle applique les salaires, les conditions de travail et les droits prévus par la convention collective du secteur. Les entreprises qui ne respectent pas ces obligations ne devraient pas pouvoir se voir attribuer un marché public.
Un autre thème central de la conférence a été celui du nettoyage en journée (daytime cleaning). UNI Europa a réaffirmé sa position en faveur d’un passage généralisé au nettoyage en journée, estimant que cela contribue à de meilleures conditions de travail, à une meilleure visibilité du métier et à une conciliation vie privée – vie professionnelle plus équilibrée. Concernant le Luxembourg, l’OGBL et le LCGB ont souligné la nécessité de disposer d’une vision plus précise de la situation actuelle. L’idée a notamment été évoquée de réaliser un sondage auprès des délégués du secteur afin de connaître leur avis et de recueillir des données fiables sur le nombre de salariés travaillant en horaires de nuit. Ces éléments permettront d’alimenter une position syndicale solide et fondée sur la réalité du terrain.
Enfin, lors d’une table ronde, Sonia Neves, secrétaire centrale de l’OGBL en charge du secteur du nettoyage, a insisté sur l’importance de permettre aux personnes qui intègrent le secteur de bénéficier d’une formation adaptée. La formation constitue un levier essentiel pour développer les compétences, renforcer la professionnalisation et contribuer à une meilleure reconnaissance du métier.
Les travailleurs et travailleuses du secteur du nettoyage sont déjà particulièrement vulnérables et font trop souvent face à des abus de la part de certains employeurs, notamment en matière de salaires, d’horaires et de conditions de travail. Leur travail est essentiel au fonctionnement quotidien de nombreux services publics et privés et mérite pleinement reconnaissance et respect. L’OGBL et le LCGB réaffirment donc leur engagement à défendre de meilleures conditions de travail dans le secteur du nettoyage et à promouvoir des conventions collectives fortes et protectrices pour les travailleurs et travailleuses du secteur.
L’OGBL a été représenté par Sonia Neves (Secrétaire centrale) et Katia Neves (Chargée de mission du SECEC). Le LCGB a été représenté par Diogo Sumares (Secrétaire syndical adjoint) et Tony Ferreira (Président du Comité du Secteur).
Communiqué par le Secrétariat européen commun de l’OGBL et du LCGB le 01.07.2026.
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