Directive européenne sur la transparence salariale : l’Union des syndicats OGBL-LCGB dénonce l’inaction du gouvernement luxembourgeois

L’Union des syndicats OGBL-LCGB ainsi que leurs départements des femmes respectifs, OGBL Equality et LCGB-Femmes, dénoncent avec fermeté le fait que le gouvernement luxembourgeois n’ait pas respecté le délai de transposition de la directive européenne sur la transparence salariale. Alors que la directive devait être transposée en droit national au plus tard le 7 juin 2026, aucun projet de loi n’a été déposé à temps à la Chambre des députés.

Pour l’Union des syndicats OGBL-LCGB, ce retard est inacceptable. Il envoie un signal politique désastreux d’un gouvernement qui ne prend pas suffisamment au sérieux la lutte contre les inégalités salariales entre femmes et hommes, alors même que celles-ci persistent au Luxembourg sous des formes bien réelles.

Le gouvernement ne peut pas se cacher derrière les indicateurs généraux ou derrière l’image d’un Grand-Duché prétendument exemplaire. Certes, certains chiffres peuvent donner l’impression d’une situation plus favorable que dans d’autres pays européens, mais cette lecture est largement insuffisante. Les inégalités ne se limitent pas au salaire horaire. Elles se manifestent sur le salaire annuel surtout sur les primes et bonus de fin d’année, dans le temps de travail, les carrières, la progression professionnelle et leurs impacts sur les pensions en fin de carrière.

La directive européenne sur la transparence salariale constitue donc une avancée importante qui doit permettre aux salarié(e)s d’obtenir davantage d’informations sur les rémunérations, de mieux identifier les discriminations et de renforcer les moyens d’action en cas d’inégalité salariale. Mais la transparence ne suffit pas à elle seule. Elle doit déboucher sur des corrections concrètes, des mécanismes de contrôle efficaces et une implication réelle des syndicats et des représentants du personnel.

C’est précisément pour cette raison que le retard du gouvernement luxembourgeois est particulièrement grave. En ne déposant pas à temps un texte de transposition, le gouvernement prive les salariés, les représentants du personnel, les syndicats et les entreprises d’un cadre clair. Il crée de l’incertitude là où il faudrait de la détermination. Il perd un temps précieux alors que les inégalités, elles, ne disparaissent pas d’elles-mêmes.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB rappelle que l’égalité salariale n’est pas une question secondaire ou symbolique. C’est une question de justice sociale, de respect du travail et de dignité. C’est aussi une condition indispensable pour améliorer la qualité de l’emploi, renforcer l’autonomie économique des femmes et lutter contre la précarité.

Pour l’Union des syndicats, la transposition de la directive doit même aller au-delà du strict minimum européen. Le Luxembourg doit se doter d’un cadre ambitieux, efficace et contraignant, en insistant également sur le rôle central des conventions collectives. Là où la négociation collective est forte, les structures de rémunération sont plus transparentes, les carrières plus lisibles et les salariés mieux protégés contre les discriminations. À l’inverse, là où les conventions collectives sont faibles ou inexistantes, les inégalités persistent, voire s’aggravent. C’est pourquoi la transposition de la directive va main en main avec l’élaboration d’un plan d’action pour augmenter la couverture des conventions collectives au Luxembourg ; autre dossier où le Luxembourg a pris du retard.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB demande au gouvernement de présenter sans délai un projet de loi ambitieux, élaboré en concertation étroite avec les partenaires sociaux et de faire de la transparence salariale un véritable outil de lutte contre les discriminations.

L’égalité salariale ne peut pas attendre. Le gouvernement luxembourgeois a manqué l’échéance européenne. Il doit maintenant assumer ses responsabilités et corriger immédiatement le tir.

 

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB,
le 11 juin 2026

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