Démantèlement de notre système de santé : les assurés pris en otage par le déconventionnement

Lors d’une conférence de presse, l’Union des syndicats OGBL-LCGB a vivement critiqué l’évolution actuelle de la situation concernant le régime national d’assurance maladie. Elle met en garde contre une « attaque frontale sans précédent » contre le système actuel et craint une privatisation progressive du domaine médical au Luxembourg.

Au cœur du conflit se trouve la résiliation des conventions conclues depuis 1993 entre la CNS et l’Association des médecins AMMD. Alors qu’une adaptation avait été signée sans difficulté majeure en octobre 2024, les conventions ont été résiliées de manière inattendue un an plus tard. Selon les syndicats, un nouveau texte de négociation est désormais disponible, mais la direction de l’AMMD refuse de le signer – malgré un accord sur le fond.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB reproche à l’AMMD de prendre les assurés « en otage » afin d’obtenir des concessions politiques. Elle critique particulièrement les revendications visant à supprimer le « conventionnement », c’est-à-dire l’intégration obligatoire de tous les médecins au système tarifaire unique. Celui-ci garantit jusqu’à présent des prix et des remboursements identiques pour tous les patients, quel que soit leur revenu.

Selon l’OGBL et le LCGB, la suppression de ces conventions aurait de graves conséquences : les médecins pourraient fixer librement leurs honoraires, tandis que, dans le pire des cas, la CNS ne rembourserait plus qu’une partie, voire plus rien du tout. La différence serait alors à la charge des patients. De plus, cela risquerait d’entraîner un chaos administratif, voire la fin du paiement immédiat direct.

Les syndicats mettent également en garde contre l’introduction d’une médecine à deux vitesses sur le modèle allemand. Les patients bénéficiant d’une assurance maladie publique devraient alors s’attendre à des délais d’attente plus longs et à des prestations réduites, tandis que les assurés privés seraient traités en priorité.

La situation est d’autant plus urgente que les conventions en vigueur expirent fin octobre 2026. Si aucun nouvel accord n’est conclu d’ici là, le gouvernement devra intervenir par voie de règlement, ce qui ne constitue qu’une solution d’urgence et ne fait que reprendre les points obligatoires de la loi. Il n’est toutefois pas certain que cela puisse être fait à temps et de manière exhaustive. Les syndicats demandent donc à la ministre compétente de mettre rapidement en place des garanties juridiques claires.

Derrière les revendications de l’AMMD, l’OGBL et le LCGB soupçonnent un agenda fondamental : la libéralisation des tarifs médicaux et une commercialisation accrue du système de santé. Ils citent comme exemple le secteur dentaire, dans lequel les patients doivent déjà aujourd’hui payer des participations considérables (exemple : facturation du CP8). Mais ce n’est pas tout : la nomenclature en médecine dentaire est ainsi freinée depuis des années, ce qui entrave le progrès médical.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB refuse catégoriquement à une vente aux enchères de l’assurance maladie des assurés et n’hésitera pas à engager toute action syndicale pour défendre le droit de chaque assuré à une assurance maladie accessible à tous, au même tarif et avec des remboursements de qualité. Les syndicats ont par ailleurs annoncé le lancement d’une vaste campagne d’information. « La santé n’est pas une marchandise », ont-ils souligné.

 

Retrouvez la conférence de presse du 28 avril 2026 sur YouTube :

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