Conférence de presse de l’Union des syndicats OGBL-LCGB : les syndicats veulent des résultats, pas du spectacle !

Lors d’une conférence de presse organisée à la Chambre des Salariés, l’Union des syndicats OGBL-LCGB a vivement critiqué l’état actuel du dialogue social au Luxembourg. Les thèmes abordés ont porté principalement sur le salaire social minimum, le fonctionnement du dialogue social, le travail sur les plateformes et l’intelligence artificielle.

Dès le début, Nora BACK, présidente de l’OGBL et coprésidente l’Union des syndicats, a clairement indiqué que les syndicats avaient toujours signalé leur volonté de revenir au modèle social luxembourgeois qui a fait ses preuves, mais qu’actuellement, la situation est exactement la même qu’auparavant : il n’y a pratiquement plus de véritables négociations et peu de résultats concrets sont obtenus. Pour les syndicats, plusieurs raisons expliquent pourquoi les discussions tripartites ne fonctionnent pas actuellement : une alliance de fait entre le gouvernement et le patronat, une orientation politique visant à réduire les coûts du main-d’œuvre tout en augmentant les bénéfices des entreprises, ainsi que des décisions politiques qui aggravent encore les inégalités sociales.

Mise en œuvre de la directive européenne sur les salaires minimums

La critique a été particulièrement vive concernant le salaire minimum social. Celui-ci est non seulement trop bas, mais il ne répond pas non plus aux exigences de la directive européenne relative aux salaires minimums adéquats. De nombreuses personnes exerçant des professions essentielles pourraient à peine subvenir à leurs besoins malgré un emploi à temps plein ; de plus, le Luxembourg compte un nombre élevé de « travailleurs pauvres ».

Selon les calculs des syndicats, une augmentation du salaire minimum de 12,07 % serait donc nécessaire. Au lieu de cela, il a récemment été décidé – sans véritable concertation – de ne procéder à aucun ajustement réel. Ces informations ont désormais été rendues publiques par la presse. Cette approche éloigne considérablement la perspective d’un retour au modèle social. Selon un article de presse publié aujourd’hui, le gouvernement prévoit de fixer l’ajustement bisannuel habituel du salaire minimum à 3,8 %. Combiné à l’indice, cela devrait alors représenter une augmentation substantielle. Un exemple de calcul présenté par Patrick DURY, président national du LCGB et coprésident de l’Union des syndicats, démontre clairement qu’il n’y a en réalité aucune augmentation et que les exigences de la directive européenne ne sont en aucun cas respectées.

Pas de dialogue social sans résultats concrets et sans confiance

Cela confirme une fois de plus le mauvais état du dialogue social. Alors que de véritables négociations avaient encore lieu jusqu’en 2024, le gouvernement a opéré un changement de paradigme, passant d’un modèle – tout de même – de « consulter et décider » à un modèle de « décider et informer ».

À cela s’ajoute un problème fondamental de confiance. La transparence fait défaut dans les négociations, tout comme les résultats concrets. Les tables rondes sociales sont parfois perçues comme une mise en scène visant à reprocher aux partenaires sociaux leur incapacité à s’entendre. Pour les syndicats, une chose est sûre : sans résultats concrets et sans rétablissement de la confiance, le dialogue social ne peut fonctionner. Suite aux derniers développements concernant le salaire minimum, une nouvelle lettre demandant une réunion d’urgence a donc été adressée au Premier ministre.

Travail sur les plateformes : pour des conditions de travail stables avec une protection sociale

L’OGBL et le LCGB considèrent également nécessaire d’agir de toute urgence en ce qui concerne le travail sur les plateformes. Patrick DURY a souligné que la pandémie a mis en évidence l’importance de ce secteur, mais que la protection sociale, en particulier celle des plus vulnérables, reste floue. À cet égard, les syndicats ont déjà présenté au gouvernement un catalogue de revendications qui met précisément l’accent sur la protection sociale des travailleurs de plateformes en situation de faux indépendants.

Il faut notamment mettre fin au faux travail indépendant en accordant aux personnes concernées le statut de salarié. Bien qu’il existe une directive européenne, peu de choses ont été faites au Luxembourg depuis des années. Nous avons donc besoin de décisions claires de la part du ministre du Travail.

C’est nous qui devons contrôler l’IA, pas l’IA qui doit nous contrôler

Enfin, le rôle de l’intelligence artificielle a également fait l’objet d’une discussion approfondie. Les syndicats y voient à la fois des opportunités et des risques considérables. Les pertes d’emplois, la pression croissante sur les performances, les nouvelles exigences en matière de qualifications ainsi que les répercussions sur les systèmes de sécurité sociale ne sont que quelques-uns des défis à relever. Il est essentiel que l’introduction de l’IA s’inscrive dans une perspective sociale.

L’être humain doit être au centre des préoccupations. À cette fin, les syndicats ont notamment proposé des discussions tripartites, un comité de suivi ainsi que des droits de participation renforcés dans les entreprises. L’objectif est d’anticiper les évolutions à un stade précoce, plutôt que de se contenter de réagir aux changements. Le « KI-Dësch » du 12 mars 2026 a constitué un premier pas dans la bonne direction, mais là encore, des actions concrètes doivent suivre afin que les salariés soient correctement protégés et accompagnés.

Dans l’ensemble, l’Union des syndicats OGBL-LCGB dresse un bilan critique : le dialogue social traverse une crise profonde. Sans une véritable volonté politique, sans transparence et sans mesures concrètes, le modèle social luxembourgeois risque de s’affaiblir davantage.

 

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