L’Europe a besoin d’une sortie économiquement et socialement durable de la crise

Divers - 12/07/10
Ces dernières semaines, les évènements dominants furent surtout les plans d’assainissement budgétaire qui ont été ficelés dans toute l’Europe. Outre les suppressions en matière de dépenses, principalement dans le domaine des dépenses sociales, les recettes fiscales sont légèrement revues à la hausse. Au cas par cas des réductions salariales sont mêmes envisagées ou exécutées.

Etant donné ces évolutions récentes, nous devons dès à présent tirer les leçons de cette crise. La crise financière et économique a démontré que les marchés ne doivent pas être abandonnés à eux-mêmes et nécessitent des règles claires et précises. Elle nous a également prouvé que les inégalités sociales posent non seulement des problèmes d'ordre moral, mais également des problèmes économiques.

Dans le but d'éviter que ce genre de crise ne se reproduise dans le futur, les systèmes financiers doivent servir l'économie réelle et l'intérêt général. Une régulation mondiale des affaires financières pourra uniquement être réalisée si l'Union Européenne y apporte également sa contribution. Les premières initiatives concrètes telles que p.ex. la mise en œuvre d'un contrôle européen des finances et les discussions actuelles au sujet de la directive sur les fonds propres des établissements de crédit et des entreprises d'investissement constituent des pas dans la bonne direction. Au-delà de ces initiatives, l'Union européenne doit maintenant se pencher sérieusement sur la création d'un cadre commun de lutte contre la crise et sur une réglementation plus stricte des agences de notation qui estiment la solvabilité des entreprises et des Etats.

Davantage de coordination

Cependant, les personnes plus faibles socialement doivent contribuer dans le même ordre que les personnes plus aisées.

Pour que les Etats européens puissent sortir de la crise, nous avons également besoin d'un plan de développement coordonné en matière de politique économique et budgétaire pour les finances publiques de chaque pays membre. Ce plan de développement doit avoir comme objectifs la stimulation de la croissance économique et par conséquent la relance de la création d'emplois. Compte tenu des dettes publiques croissantes, les mesures de lutte contre la crise doivent également s'axer sur la consolidation des budgets des Etats sans pour autant s'y limiter. Les économies budgétaires à elles seules ne permettront pas à l'Europe de sortir de la crise.

En conséquence, la crise peut nous permettre de saisir l'unique chance de promouvoir une coopération et une intégration européenne plus étendues. Tout particulièrement la protection de la dignité des travailleurs doit figurer dans toute l'Europe au centre des débats pour que tous les travailleurs puissent entrer dans la vie active avec des perspectives prometteuses et recevoir un soutien équitable en cas de perte d'emploi. Pour le LCGB, l'Union Européenne doit s'engager dans ce sens pour la promotion du travail décent, le respect des droits des travailleurs, la mise en œuvre de l'une économie sociale de marché, le renforcement du dialogue social à tous les niveaux ainsi que l'encouragement du maintien des systèmes de sécurité sociale.

Mettre fin au discrédit de l'Etat social

Vu le nombre d'enjeux sociaux auxquels nous devons faire face suite à la crise, l'Europe nécessite des systèmes sociaux durables. Le discrédit de l'Etat social par les politiques néolibérales doit enfin prendre fin ! Des apports constructifs sont à présent exigés pour que les services sociaux qui caractérisent le standard européen puissent être protégés et perfectionnés. Dans ces Etats membres de l'Union Européenne où ces services sociaux font encore défaut, ils doivent maintenant être instaurés.

Le démantèlement social qui a pris de la vitesse ces dernières années à cause de la politique néolibérale doit enfin cesser. La crise ne peut pas servir d'excuse pour adopter des réformes qui dégradent la situation des travailleurs et excluent de manière générale les personnes plus faibles socialement.

Une économie éthiquement responsable, la protection de la dignité des travailleurs et des normes sociales minimales, la participation des travailleurs à la gestion de l'entreprise en tant qu'étape du progrès démocratique, la cohésion sociale et la solidarité doivent être reconnus et encouragés comme piliers porteurs de notre société. C'est uniquement en suivant cette voie que la pensée européenne pourra redevenir transparente et compréhensible pour les travailleurs.

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