Editorial: On n’est pas encore sorti de l’auberge…
Par ailleurs, la situation des finances publiques est et reste inquiétante. Le déficit du budget de notre pays nécessite l'action, et non pas l'attente défaitiste de temps meilleurs. La situation de notre économie nationale n'est cependant pas perçue de la même façon par tout le monde, et la Tripartite n'a pas non plus réussi à parvenir à une vue unanime de la situation. Bref, on n'est pas encore sorti de l'auberge...
Si la base de départ des conférences de la Tripartite est extrêmement controversée, un consensus sera encore loin. Et les débats qui nous attendent les semaines et mois à venir, créeront certainement encore plus de désordre.
Les projets de loi relatifs aux nouvelles bourses d'études et le règlement du bonus pour enfants sont indissociables et provoquent une rupture entre les frontaliers et les résidents. La cohésion sociale est extrêmement fragilisée. Il est illusoire de présumer que l'économie luxembourgeoise pourrait se passer des frontaliers. Et il est surtout naïf de croire que notre niveau de vie pourrait être maintenu au niveau actuel sans l'apport des frontaliers.
La formation des frontaliers ne coûte pas beaucoup voire rien au Grand-Duché. Les frontaliers payent, par contre, des sommes énormes à l'assurance-dépendance. Ils sont un élément-clé de notre économie et un facteur majeur de notre bien-être.
Ce n'est pas pour autant que le LCGB s'engage aveuglément pour les frontaliers seuls. Le LCGB considère les travailleurs résidents et frontaliers comme une unité. Dans les entreprises, il n'y a pas de différences entre les salariés !
Les nouveaux textes de loi frappent les frontaliers d'une manière tellement négative que l'avenir des frontaliers et de leurs enfants sera gravement hypothéqué - et ceci inutilement. En prenant les initiatives annoncées, le gouvernement transpose les problèmes dans les entreprises, où les controverses seront d'autant plus aggravées lors des prochaines négociations tarifaires. Toute cette affaire aurait dû être traitée en détail avec les syndicats préalablement à la Tripartite. Si l'on met les allocations familiales et les bourses d'études dans le même pot, il faut savoir qu'il y a des détails qui ont des conséquences dramatiques. Une telle politique doit être mûrie et débattue. Il faut du temps pour une telle politique. Même le Conseil d'Etat critique la situation actuelle dans son avis. Une fois de plus, le Luxembourg a fait preuve d'actions et de conscience très nationalistes et très peu européennes. Le LCGB refuse une telle politique!
La politique de l'arrosoir vis-à-vis des étudiants est une autre erreur. Or, il existe bel et bien une différence fondamentale entre l'étudiant X issu d'une famille dépendant du salaire minimum et l'étudiant Y vivant dans une famille qui dispose d'un revenu de 5 fois plus (et encore plus) le salaire minimum. Un nivellement en cette matière est une mauvaise option! La politique des bourses d'études était une politique socialement équitable jusqu'à présent. Dans la politique envisagée, il n'y a plus de rectificatifs. On s'engage dans une voie injuste !
Et cette voie n'apportera certainement rien aux revenus plutôt modestes sur plan de l'égalité des chances.
Le LCGB se doit de dire NON à de tels projets. Si on souhaite diriger plus de jeunes vers des études post-secondaires, on doit prioritairement penser aux jeunes qui ont le plus de difficultés pour faire leurs études à l'étranger - et certainement pas faire fi des différences bien réelles.
Peut-être faudrait-il aussi penser aux milliers de luxembourgeois qui vivent dans des régions frontalières.
Tout compte fait, nous sommes tous des frontaliers! ... ou sommes-nous de simples profiteurs ?













