Entrevue avec le Ministre du Travail Nicolas Schmit: La sauvegarde des existences au centre des discussions !

Communiqués - 16/02/10
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Une délégation du LCGB, présidée par le secrétaire général Patrick Dury a rencontré le Ministre du Travail, Nicolas Schmit pour lui présenter le Programme d'action adopté lors du 58e Congrès ordinaire du syndicat chrétien. À l'ordre du jour figuraient avant tout le maintien dans l'emploi et la sauvegarde des existences avec notamment la continuation de la rémunération en cas de maladie (« Lohnfortzahlung »).

L'introduction du statut unique en 2009 a donné lieu à une généralisation de la continuation du paiement du salaire («Lohnfortzahlung ») par l'employeur, c'est-à-dire l'obligation de maintenir la rémunération d'un salarié en incapacité de travailler pour cause de maladie ou d'accident du travail. Lors du calcul du salaire à verser certains employeurs ne prennent pas en compte le travail de nuit, le travail du dimanche et tous les autres suppléments auxquels le salarié aurait pu prétendre s'il avait travaillé pendant son incapacité de travail. Sur fonds de crise économique, ceci pose de nombreux problèmes aux salariés malades ou accidentés qui voient leur salaire encore diminuer dans un contexte de recours fréquent au chômage partiel pour causes conjoncturelles.


Dans ce contexte, les salariés qui partent en préretraite après une période de maladie ou un accident de travail sont confrontés à une diminution considérable de leur allocation de préretraite. En effet, cette dernière s'élève à 85 % de la rémunération mensuelle brute effectivement touchée par le salarié au cours des trois mois précédant immédiatement la période d'indemnisation pour une première période de 12 mois, à 80 % de cette rémunération pour une seconde période de 12 mois et à 75 % de cette rémunération pour la période restant à courir jusqu'au jour où le droit à l'indemnité cesse.
Le LCGB exige que la loi réglemente de manière claire et précise les modalités à respecter en cas de continuation du paiement du salaire. Le Ministre du Travail, Nicolas Schmit partage les soucis exprimés à ce sujet puisque les salariés concernés risquent effectivement de se retrouver dans une situation des plus précaires.


Le LCGB a ensuite tiré l'attention sur la problématique des licenciements abusifs. Si un tel licenciement est jugé abusif par le tribunal du travail, l'employeur devrait être contraint de réembaucher le salarié concerné sous condition que ce dernier désire encore retourner dans l'entreprise. Le LCGB y ajoute que la réembauche devrait se faire sans modification du contrat de travail et avec le bénéfice d'une protection spéciale contre le licenciement.


Cette protection contre le licenciement devrait également être ancrée dans la nouvelle législation sur les délégations du personnel. Vu que les mises à pieds de délégués pour des raisons liées à l'exercice de leur mandat de délégué s'enchaînent au cours des dernières années et mois, le LCGB revendique que tout délégué devrait bénéficier d'une protection absolue contre le licenciement qui pourra intervenir seulement en cas de faute grave liée à l'activité professionnelle du salarié. À ce sujet, le Ministre du Travail, Nicolas Schmit a souligné que la réforme des lois sur la cogestion constitue un des dossiers prioritaires de cette période législative.


Finalement, le LCGB préconise l'introduction de mesures spéciales de maintien dans l'emploi comparables à la cellule de reclassement (CDR) dans la sidérurgie. Le Ministre du Travail, Nicolas Schmit a ensuite expliqué qu'il est en train de lancer un projet pilote de mesures spéciales qui est avant tout destiné aux salariés âgés de plus de 50 ans et aux chômeurs en fin de droit à l'allocation de chômage.


Figurait aussi sur l'ordre du jour de la réunion un tour de table sur la politique contractuelle, la sécurité sociale, le reclassement, la santé et la sécurité au travail, l'égalité de traitement, le travail frontalier, la « stratégie UE 2020 » et l'indexation des salaires.


Communiqué par le LCGB, le 12 février 2010.