Les étrangers et la politique
La CRE est satisfaite de constater que le nombre d'étrangers inscrits sur les listes électorales pour le scrutin européen ne cesse de croître depuis ces dernières 10 années, mais déplore que le taux de participation absolu reste encore trop bas. Aujourd'hui les étrangers représentent près de 44% de la population totale du Luxembourg, il est donc primordial et dans l'intérêt d'une démocratie représentative de donner la possibilité aux étrangers de participer activement et passivement à la vie politique de ce pays.
Afin d'augmenter le taux de participation des étrangers, le CRE exige de la part du gouvernement davantage d'efforts de sensibilisation pour inciter les étrangers à s'inscrire sur les listes électorales. Pour la CRE, les efforts collectifs pour sensibiliser les étrangers étaient insuffisants, laissant ainsi la sensibilisation au bon vouloir des communes et des associations.
La CRE, va plus loin : nous exigeons l'inscription d'office des étrangers sur les listes électorales, une fois que les conditions de participation sont atteintes. Pour la CRE, la participation politique est un droit et, au Luxembourg, une obligation. Il est donc normal que les résidents étrangers participent eux aussi d'office aux élections. Néanmoins, nous plaidons pour la possibilité de se désister si jamais les étrangers préfèrent plutôt participer aux élections dans leur pays d'origine.
La CRE constate aussi que pendant toute la période électorale, les dirigeants des différents partis politiques se sont très rarement adressés aux étrangers. Même si les étrangers ne sont pas le public cible pour les élections nationales, cela n'empêche pas qu'ils représentent près de la moitié de la population du Luxembourg et sont donc des acteurs importants pour ce pays. Ce constat prouve une fois de plus, qu'il faudrait aussi élargir les élections nationales aux ressortissants non luxembourgeois, afin de susciter davantage le débat sur et avec nos concitoyens étrangers.
Finalement, la CRE ne peut s'empêcher de commenter les actions de vandalisme à l'encontre de certaines affiches écrites, notamment en portugais : des actes que la CRE considère non seulement comme criminels, mais aussi comme racistes et surtout indignes d'un pays qui se dit ouvert et tolérant. Ce genre d'actes souligne toujours le malaise que connaît notre société et auquel il faut faire face le plus vite possible, notamment en suscitant davantage le débat sur des thèmes comme l'intégration.
Beaucoup de choses restent à faire et surtout à améliorer notamment les mentalités, c'est d'ailleurs là où réside notre plus grand défi ! Il faut que luxembourgeois et non luxembourgeois comprennent, une fois pour toutes, que c'est dans l'intérêt de nous tous, de travailler la main dans la main. Affaire à suivre jusqu'en 2011...
Communiqué par la Commission des Résidents Etrangers du LCGB, le 14 juillet 2009












